Une métaphore est une figure de style qui désigne une réalité par une autre à laquelle elle ressemble, sans mot de comparaison comme « comme » ou « tel que ». Elle se distingue de la comparaison par l'absence de ce mot de liaison.
En copie de bac, je vois trop souvent des élèves confondre métaphore et comparaison, alors qu'une seule différence les sépare : la présence ou l'absence du mot de liaison. Cette confusion se corrige en quelques minutes une fois la méthode connue. Voici la définition, des exemples tirés d'œuvres au programme et des exercices corrigés.
Avant d'entrer dans le détail
Objectif et prérequis pour maîtriser la métaphore
À la fin de cette fiche, vous saurez reconnaître une métaphore sans mot de liaison et en construire une, utile pour le commentaire au bac. Quatre notions doivent déjà être solides : figure de style, comparaison, sens propre / sens figuré, et repérage des deux éléments d'une image.
Prérequis : ce qu'il faut déjà savoir
La comparaison rapproche deux éléments à l'aide d'un mot-outil comme « comme » ou « tel que ». Un mot a un sens propre, concret, et un sens figuré, celui qu'il prend pour évoquer autre chose. La métaphore s'appuie sur ce glissement de sens, sans jamais nommer la comparaison.
La métaphore : définition et comment la reconnaître
Une métaphore désigne une chose par une autre à laquelle elle ressemble, sans mot de comparaison. Contrairement à la comparaison, par exemple « la lune ressemble à une faucille », la métaphore fusionne directement les deux images. Cherchez trois indices : l'absence de mot de comparaison, deux éléments mis en relation, le comparé, dont on parle réellement, et le comparant, l'image employée, et un point commun implicite, jamais formulé. Ne confondez pas la métaphore avec la métonymie, qui remplace un mot par un terme associé logiquement, comme « boire un verre » pour désigner son contenu.

Méthode pas à pas pour identifier une métaphore
Appliquez cette méthode dans l'ordre, pour n'importe quel texte.
- Repérez les deux éléments rapprochés. De quoi parle la phrase (le comparé), quelle image l'exprime (le comparant) ?
- Vérifiez l'absence de mot de comparaison. Sans « comme », « tel que » ou « pareil à », c'est probablement une métaphore.
- Cherchez le point commun implicite. Quelle qualité le comparant apporte-t-il au comparé ? C'est le cœur de l'image.
- Reformulez avec « comme » pour vérifier votre lecture. Si la phrase garde son sens, vous confirmez la métaphore.
- Nommez le type de métaphore. Une image ponctuelle est une métaphore simple ; plusieurs images filées forment une métaphore filée.
Étapes pour repérer une métaphore
Deux exemples résolus
Victor Hugo, dans « Booz endormi », écrit que la lune ressemble à « cette faucille d'or dans le champ des étoiles » : sans mot de comparaison. Comparé (la lune), comparant (la faucille), point commun implicite (la forme incurvée et dorée). Chez Baudelaire, le vers « La Nature est un temple » fusionne la nature et le lieu sacré : le point commun implicite est un espace habité par des présences mystérieuses.
Défi bonus : la métaphore filée
Voici une métaphore de départ : « Sa colère était un incendie. » Prolongez-la sur deux ou trois phrases en restant fidèle au comparant, le feu : les flammes qui montent, la fumée qui étouffe, les cendres qui retombent, sans changer d'image.
À retenir : la métaphore en bref
Une métaphore rapproche le comparé et le comparant sans jamais utiliser de mot de comparaison : c'est cette absence qui la distingue de la comparaison. On la reconnaît à un point commun implicite, jamais formulé. Le piège le plus fréquent est de confondre les deux figures dès qu'un texte contient une image. Plusieurs métaphores autour du même comparant forment une métaphore filée. Le philosophe Paul Ricœur a d'ailleurs consacré tout un essai à cette figure, La Métaphore vive, publié en 1975.
Exercices progressifs sur la métaphore
Ces huit exercices font travailler le repérage, la distinction avec la comparaison et la construction d'une métaphore filée. Faites-les dans l'ordre, sans regarder la correction avant d'avoir rédigé vos réponses. Chacun d'eux trouve son corrigé détaillé dans la section « Correction », en fin de fiche.
Exercice 1
Entourez le mot de comparaison quand il y en a un, puis indiquez s'il s'agit d'une comparaison ou d'une métaphore.
a) « Ses yeux brillaient comme des étoiles. »
b) « Ses yeux étaient deux étoiles dans la nuit. »
Exercice 2
Complétez chaque phrase avec le mot qui manque pour obtenir une métaphore cohérente (aucun mot de comparaison à ajouter).
a) « Cette salle de classe est une ____ où chacun apprend à voler. » (ruche / fourmilière / volière)
b) « Son sourire était un ____ qui éclairait toute la pièce. » (soleil / nuage / orage)
Exercice 3
Dans la phrase « Le temps est un voleur qui s'enfuit sans bruit », identifiez le comparé, le comparant et le point commun implicite entre les deux.
Exercice 4
Transformez chacune des comparaisons suivantes en métaphore, en supprimant le mot de comparaison et en réécrivant la phrase.
a) « La vie est comme un long fleuve tranquille. »
b) « Ses paroles étaient dures comme de la pierre. »
Exercice 5
Vrai ou faux ? Justifiez chaque réponse en une phrase.
a) « L'artiste a ému toute la salle » est une métaphore.
b) « Cet élève est une véritable pile électrique » est une métaphore.
c) « Boire un verre » est une métaphore.
Exercice 6
Rédigez une phrase contenant une métaphore pour décrire chacune des situations suivantes, sans utiliser aucun mot de comparaison.
a) Un professeur très sévère.
b) Une ville la nuit, vue depuis un avion.
Exercice 7
Le texte suivant contient une métaphore et une métonymie. Identifiez laquelle est laquelle, et justifiez votre réponse en une phrase pour chacune.
« La classe entière a applaudi : quarante mains se sont levées d'un coup : la salle elle-même était devenue un seul cœur battant. »
Exercice 8
À partir de la métaphore de départ « L'examen était une montagne qui approchait », rédigez trois phrases qui prolongent l'image de la montagne pour construire une métaphore filée cohérente, sans changer de comparant en cours de route.
Correction
Voici, pour chacun des huit exercices précédents, le corrigé complet et justifié, dans le même ordre que l'énoncé.
Corrigé de l'exercice 1. a) « comme » est entouré : c'est une comparaison. b) Aucun mot de comparaison : c'est une métaphore, les yeux sont directement identifiés à des étoiles.
Corrigé de l'exercice 2. a) « volière » convient : la salle de classe est comparée à une volière, lieu où les élèves, comme des oiseaux, apprennent à voler, c'est-à-dire à prendre leur indépendance. b) « soleil » convient : lumière et chaleur.
Corrigé de l'exercice 3. Comparé : le temps. Comparant : un voleur. Point commun implicite : la discrétion avec laquelle l'un et l'autre dérobent quelque chose sans qu'on s'en aperçoive.
Corrigé de l'exercice 4. a) « La vie est un long fleuve tranquille. » b) « Ses paroles étaient de la pierre. »
Corrigé de l'exercice 5. a) Faux : « émouvoir » est ici employé au sens propre (toucher émotionnellement) ; aucun comparant n'est identifiable, donc il n'y a pas de figure de style. b) Vrai : la personne est directement assimilée à une pile électrique, sans mot de comparaison, pour évoquer son énergie. c) Faux : c'est une métonymie, le contenant « verre » désigne son contenu.
Corrigé de l'exercice 6. Réponses possibles : a) « Ce professeur est un mur, impossible à faire fléchir. » b) « La ville, la nuit, était un tapis d'étoiles renversé sous l'avion. » Toute phrase sans mot de comparaison, avec un comparant cohérent, est acceptée.
Corrigé de l'exercice 7. La métonymie est « quarante mains se sont levées », où les mains désignent les élèves par un lien logique de proximité. La métaphore est « la salle elle-même était devenue un seul cœur battant », qui compare directement le groupe à un cœur, sans mot de comparaison, pour évoquer une unité vivante.
Corrigé de l'exercice 8. Réponse possible : « L'examen était une montagne qui approchait. Chaque jour de révision était un pas de plus sur ses pentes abruptes. Le sommet, invisible dans la brume du stress, semblait toujours reculer. Puis, un matin, la montagne fut derrière moi, et la vallée s'ouvrit enfin. » Le comparant « montagne » est filé sur toute la réponse, sans rupture d'image.
Qu'est-ce qu'une métaphore ?
Une métaphore désigne une chose par une autre à laquelle elle ressemble, sans mot de comparaison comme « comme » ou « tel que ». Elle rapproche un comparé et un comparant autour d'un point commun implicite, que le lecteur doit deviner lui-même.
Qu'est-ce qu'une métaphore, avec un exemple ?
Dans « cette faucille d'or dans le champ des étoiles », Victor Hugo compare la lune à une faucille sans mot de comparaison : la lune est le comparé, la faucille le comparant, et leur point commun implicite est la forme incurvée et dorée.
Comment définit-on la métaphore en 6e ?
Dès le collège, la métaphore est présentée comme une comparaison sans mot de liaison : au lieu de dire « il est comme un lion », on dit directement « c'est un lion ». Deux éléments sont rapprochés sans jamais utiliser « comme » ou « tel que ».
Comment faire une métaphore filée ?
Choisissez un comparant unique, par exemple le feu ou la montagne, et développez-le sur plusieurs phrases en restant fidèle à son champ lexical, sans jamais changer d'image en cours de route.
La métaphore devient un outil d'analyse pour le commentaire comme pour l'écriture personnelle. Reprenez les exercices, puis vérifiez vos réponses avec le corrigé.