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Les mots difficiles à prononcer en français

Certains mots semblent résister, s’accrochant au bout de la langue comme s’ils refusaient d’être prononcés.

Auteur
Éloi Martin
4 novembre 2025 0 min

Éloi Martin, auteur et pédagogue, transforme l’orthographe en jeu grâce à des astuces claires, des dictées chantées et des fiches à télécharger.

Certains mots semblent résister, s’accrochant au bout de la langue comme s’ils refusaient d’être prononcés. Qu’on soit francophone ou apprenant, qui n’a jamais buté sur « écureuil » ou « chirurgie » ? La prononciation du français regorge de pièges : sons insaisissables, lettres muettes, enchaînements sonores inattendus.

Loin d’être une fatalité, chaque difficulté cache une opportunité de progresser. En jouant avec les sons, en transformant l’erreur en tremplin et en s’appuyant sur des astuces concrètes, vous pouvez transformer ces obstacles en souvenirs positifs. Prendre confiance passe par la pratique… et le plaisir d’expérimenter. Ici, l’orthographe devient un jeu où chaque mot difficile est un défi à relever.

Décrypter les difficultés de prononciation en français

Qui n’a jamais butter sur un mot français aux allures de piège ? Il faut dire que la prononciation en français réserve bien des surprises. Certains sons semblent glisser entre les dents, d’autres s’emmêlent, se heurtent ou disparaissent sans crier gare (ah, les fameuses lettres muettes !). Quelle que soit votre langue d’origine ou votre niveau, il existe des difficultés de prononciation propres au français, liées à sa richesse… et à ses bizarreries.

L’origine de ces pièges ? Le français a hérité de sons complexes, parfois rares voire absents d’autres langues : le u, le eu, ce r guttural dont raffolent les dictionnaires… Dès qu’on y ajoute des enchaînements de consonnes ou des mots d’origine étrangère, la situation se complique. Pour les apprenants, les sons complexes prêtent main forte aux hésitations. Pour les natifs eux-mêmes, la variété régionale ou les emprunts créent leur lot de surprises imprononçables.

Les pièges typiques dans la langue française

  • Sons rares : Le "u" de "hurluberlu", le "eu" de "boursouflé", le "ouill" de "bouilloire", le fameux "r" français, le "gn" de "montagne"… Impossible de les retrouver tous ailleurs !
  • Mots à lettres muettes : "Fils", "temps", "dix", où certaines lettres restent muettes selon le contexte et compliquent la tâche aux prononceurs débutants.
  • Enchaînements de consonnes : "Prends", "brouillard", "express", "sphinx"… Quand il faut passer d’une consonne à une autre sans avaler la moitié du mot, la langue se tord et l’oreille hésite.
  • Redoublements et allongements : "Quincaillerie", "chuchoter", "chirurgie" – ici, la répétition des sons brouille la mélodie du mot.
  • Pièges d’origine étrangère : "Yacht", "worst", "kiosque" : ces mots venus d’ailleurs gardent souvent une prononciation capricieuse, ni tout à fait française, ni vraiment étrangère.
  • Homophones et faux-amis : "Sein"/"sain"/"saint", "vers"/"verre"/"vert"… Les sons identiques invitent parfois à confondre mots et orthographe.

Liste des mots les plus difficiles à prononcer et leurs exemples

Mot difficile Phrase d’exemple Explication du piège Variante/apprenant concerné
Écureuil Un écureuil agile traverse la branche. Enchaînement "é-cu-reuil" (+ "eil" final). Francophones, étrangers, enfants
Chirurgie La chirurgie demande beaucoup de précision. Sons "ch" puis "r" rapprochés / redoublement "r". Étrangers, dys, enfants
Bouilloire La bouilloire siffle dans la cuisine. Trio "bouil-loi-re", son "ouill". Étrangers, débutants
Brouillard Ce matin, le brouillard est très épais. Enchaînement "br-roui", double "r", liaison finale. Enfants, apprenants FLE
Quincaillerie Je vais à la quincaillerie du coin. Succession de sons "qu-in-cail-lerie". Francophones, dys
Grenouille La petite grenouille saute vite. "gr" initial et "ouille" final. Étrangers, enfants
Sourcil Il fronce les sourcils sans un mot. "ou", "rc", "il" à la fin. Dys, débutants
Sphynx Le sphinx est une créature mystérieuse. "sph", "nx" final peu communs. Étrangers, FLE
Semnoz Le Semnoz domine le lac d’Annecy. "mn" central silencieux, "oz" final. Locaux, étrangers
Fils (le garçon) Mon fils adore le chocolat. Le "l" ne se prononce pas, "s" final se prononce. Dyslexiques, tout public
Yaourt Elle mange un yaourt nature. "Ya-ou-rt", triple voyelle/consonne, "t" facultatif selon locales. Enfants, étrangers
Accueil L’accueil y est toujours chaleureux. "c" suivi de "ueil" : piège d’articulation. Tous niveaux
Gentilhomme Il se conduit en véritable gentilhomme. "gen-ti-ll-hom-me", double liaison "llh". Débutants, étrangers
Kiosque J’achète mes journaux au kiosque. Double consonne "sq", "que" final. FLE, débutants
Oignon J’ajoute un oignon dans la soupe. "oi" suivi de "gn", deux sons fusionnés. Enfants, tout public
Pneu Le pneu est crevé. Enchaînement incongru en français, "pn" initial. Débutants, enfants
Rouge-gorge J’ai vu un rouge-gorge ce matin. Double "r", accentuation des syllabes. Enfants, étrangers
Sein / saint / sain Le sein de la montagne / le saint homme / un fruit sain. Homophones à différencier par le contexte. Tous publics, orthographe
Wagon Le wagon est plein de voyageurs. "w" peu courant, son "v" ou "w" selon les régions. Étrangers
Anxiété L’anxiété augmente avant un examen. Enchaînement "an-xi-été", "xi" rare. Ados, adultes, FLE

Mots compliqués pour les francophones et les apprenants étrangers

Mot Exemple de phrase Expliquer le piège
Écureuil Le petit écureuil bondit dans la haie. Double voyelle "eu" + "reuil", finale difficile à articuler rapidement.
Chirurgie La chirurgie est une discipline délicate. Deux fois le "r", enchaînements serrés et changement de syllabe peu intuitif.
Bouilloire Pose la bouilloire sur la gazinière. "ouill…" puis "oi", succession de sons liquides.
Quincaillerie La quincaillerie ouvre à 8h. Beaucoup de syllabes, "ai-ll" médian difficilement détachable pour un non natif.
Oignon Un oignon doux pour la recette. Syllabe "oi" + "gn", nasale.
Accueil L’accueil est chaleureux dans cette ville. Le "c" puis le "ueil" oblige le joueur à une gymnastique de bouche inattendue.

Astuces pratiques pour améliorer sa prononciation

Progression rime avec plaisir. Pour déverrouiller les mots difficiles, rien de plus efficace qu’une série d’astuces prononciation faciles à adopter. L’objectif : jouer avec les sons jusqu’à ce qu’ils deviennent vos alliés. En voici une sélection qui fait la part belle aux méthodes ludiques et aux stratégies béton pour avancer sans stress.

  • Visualiser le mot : Découper le mot en syllabes, le colorier ou le dessiner. "É-cu-reuil" devient trois cases à mimer avec les doigts.
  • Écouter et imiter : Chercher la version audio du mot, l’écouter plusieurs fois, puis s’enregistrer dans le smartphone pour comparer.
  • Chanter les mots : Mettre les mots dans une mélodie simple ou chanter les syllabes aide à ancrer le rythme. Plus c’est absurde, mieux ça marche !
  • Cartes “pièges” : Créer de petites cartes avec le mot et son piège (lettre muette, son rare) : piocher une carte au hasard chaque jour, essayer de la prononcer en solo ou en duo.
  • Défi quotidien : Choisir un mot difficile par jour, le glisser dans une discussion, un message audio, ou un jeu de rôle improvisé.
  • Dictées rythmées : Prononcer le mot lentement, puis de plus en plus vite, façon rap ou slam, jusqu’à sentir le mot « couler » naturellement.
  • Mime et geste : Associer à chaque son complexe un geste du corps : lever les bras pour “gn”, taper dans les mains sur “ill”. Rien de tel pour associer la mémoire kinesthésique au plaisir d’apprendre.

Comment s’entraîner efficacement : activités et pratiques ludiques

  • Jeux d’articulation : Défis de vitesse, « qui écorche moins le mot ? » ou jeux de rôle où chaque parole doit commencer par un mot difficile.
  • Séances de répétition : Choisir 3 mots piégés, les répéter plusieurs fois, puis essayer de les inclure dans une phrase complète, seul ou en groupe.
  • Chant et mélodie : Prendre la liste de mots et les réciter sur l’air de « Frère Jacques » ou d’une chanson créée sur-mesure. Plus loufoque = plus mémorable.
  • Cartes “pièges” en compétition : Distribuer les cartes entre pairs, chaque mot bien prononcé fait gagner un point. Le plus rapide à se débarrasser de ses cartes l’emporte… et tout le monde révise sans s’en rendre compte.
  • Mimes et gestes : Transformer chaque son difficile en geste, exagérer les mouvements de la bouche, s’inventer des chorégraphies expressives.
  • “Dictée-mystère” : L’enseignant ou l’adulte épelle lentement à voix haute, l’apprenant doit deviner et écrire le mot. L’enjeu ? S’amuser à repérer et prononcer les subtilités sans pression.

Cas pratiques : comment progresser et mesurer ses avancées

Travailler sa prononciation, ce n’est pas cocher des cases : c’est tester, rater, recommencer et ressentir sa propre avancée. Un cas concret ?

Imaginez : vous choisissez « chirurgie ». Première lecture, la langue bute. Vous relisez, scandez les syllabes : « chi-ru-rgie ». Vous écoutez la version audio, puis enregistrez votre essai. Retour sur votre enregistrement : il manque encore un “r”, ou le “u” s’échappe… Pas grave !

Vous recommencez, en rythme (dictée slamée, chanson, geste pour chaque “r”). Petit à petit, la prononciation s’ancre. La prochaine fois que vous prononcerez « chirurgie » face à vos amis, vous sentirez la différence.

Mesurer ses progrès devient alors limpide : on s’écoute, on se compare, on demande à un pair ou à un enseignant son avis. S’entraîner dans une dictée, écrire une phrase où insérer son mot-cible, ou jouer à l’oral lors d’un jeu de rôle, voilà autant d’exercices qui transforment les essais en réussites tangibles.

Gérer les blocages et erreurs : de la difficulté à la réussite

Astuce-clé : N’ayez pas peur de l’erreur. Chaque tentative, même maladroite, prépare le terrain de la réussite. Prenez le temps de relever ce qui bloque : un son particulier ? Un enchaînement oublié ? Dites-vous que le cerveau adore rejouer ses fausses notes… pour mieux les transformer en réflexes naturels.

S’encourager, c’est déjà progresser. Oser prononcer, risquer la faute devant autrui, en rire, le transformer en défi individuel ou collectif : c’est cela qui fait de la prononciation un terrain de jeu où chaque “bê-bê-bégaiement” annonce une victoire prochaine.

Apprenez en vidéo : démonstration vivante des mots difficiles à prononcer

Envie d’entendre ces mots difficiles à prononcer, et de les imiter à voix haute ? Cette vidéo propose 15 exemples à écouter, répéter et comparer. L’oral et le visuel s’associent : entendez le rythme, observez la bouche, laissez-vous porter par le flux des sons.

Utilisez ce support en début d’entraînement pour capter le bon tempo, puis en fin de séance pour vérifier vos progrès. La vidéo devient un repère : si un doute surgit, il suffit d’un clic pour réentendre le mot en situation.

Comment utiliser efficacement la vidéo dans votre apprentissage

  • Écoutez chaque mot attentivement, sans essayer de répéter d’emblée.
  • Répétez à voix haute en même temps que la vidéo, ou juste après.
  • Enregistrez-vous, puis comparez votre prononciation à celle du locuteur.
  • Notez les mots “bouchons” : ceux qui résistent, qui accrochent. Rejouez-les en boucle, à votre vitesse.
  • Utilisez la vidéo en “révision express” avant un contrôle ou une conversation, pour gagner en confiance.

Pourquoi certains mots semblent difficiles même pour des natifs ?

Même les francophones rencontrent parfois des difficultés avec certains mots à cause de sons rares, d’enchaînements inhabituels ou de lettres muettes. Par exemple, des mots comme « chirurgien » ou « exsangue » demandent une articulation précise peu courante au quotidien. Certains termes hérités d’autres langues, ou composés de plusieurs consonnes successives, créent également des pièges. L’habitude et la pratique aident à surmonter ces obstacles mais personne n’est à l’abri d’un faux pas !

Comment aider un enfant dyslexique à progresser en prononciation ?

Privilégiez les supports multisensoriels et ludiques. Les enfants dyslexiques progressent mieux avec des jeux oraux (cartes « pièges », répétitions en duo) et des activités rythmées comme le chant ou la dictée parlée. Mettez l’accent sur la valorisation de chaque essai : l’erreur fait partie du chemin et doit être dédramatisée. Variez les approches (écoute, lecture à voix haute, mime) pour ancrer la prononciation par différents canaux sensoriels.

Existe-t-il une liste officielle ou exhaustive des mots difficiles à prononcer ?

Il n’existe pas de liste officielle universelle. Les listes varient selon les linguistes, les enseignants et le public (enfants, adultes, étrangers…). Chaque contexte d’apprentissage fait émerger ses propres mots « pièges ». Pour aller plus loin, consultez différents ouvrages pédagogiques ou ressources en ligne : vous y trouverez souvent des sélections adaptées à votre niveau ou vos besoins spécifiques. Pensez aussi à créer votre propre liste au fil de vos découvertes !

L’amélioration de la prononciation aide-t-elle à mieux orthographier ?

Oui : progresser en prononciation favorise une meilleure orthographe. Lorsque vous articulez distinctement chaque son, il devient plus facile d’identifier les homophones (« vert », « verre »), de repérer les lettres muettes et d’éviter certains pièges fréquents. Cette conscience phonologique est un atout pour mémoriser la bonne écriture des mots complexes. Entraînez-vous régulièrement : écouter, répéter et écrire vont main dans la main.

Quels outils utiliser pour s’entraîner si l’on est seul ?

De nombreux outils sont adaptés à un apprentissage autonome : vidéos pédagogiques sur YouTube, applications mobiles dédiées à la prononciation, listes audio interactives et jeux de cartes spécialisés. Pensez aussi à vous enregistrer lors de vos lectures ou répétitions : réécoutez-vous pour cibler vos progrès et points faibles. Alternez support visuel (lecture), auditif (écoute active) et oral (répétition). Ainsi, vous mobilisez plusieurs mémoires pour mieux ancrer chaque mot difficile.

Avancez sereinement vers une meilleure prononciation

Mémoriser la bonne prononciation demande de l’expérience et une part de jeu : plus vous osez manipuler les mots difficiles, plus ils deviennent familiers et amusants.

Grâce aux activités ludiques, aux chansons ou aux défis quotidiens proposés ici, chaque obstacle se transforme peu à peu en point fort. Les erreurs deviennent des alliées précieuses dans votre progression.

N’oubliez pas que la pratique régulière et le retour d’autrui sont essentiels pour ancrer durablement vos acquis. La prononciation ouvre aussi la voie vers une meilleure orthographe : comprendre un mot à l’oral aide souvent à mieux le retenir par écrit.

Poursuivez votre parcours sans pression : continuez d’explorer les outils proposés, amusez-vous avec la langue… et célébrez chaque avancée, aussi petite soit-elle !

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