Exercices, ressources pédagogiques et supports pour enseignants, parents et enfants ! Blog Orthographique

Les 20 fautes de français les plus courantes à l'oral

Chaque jour, des expressions incorrectes glissent dans nos conversations sans que personne ne sourcille. Le mimétisme linguistique fonctionn...

Auteur
Éloi Martin
4 novembre 2025 0 min

Éloi Martin, auteur et pédagogue, transforme l’orthographe en jeu grâce à des astuces claires, des dictées chantées et des fiches à télécharger.

Chaque jour, des expressions incorrectes glissent dans nos conversations sans que personne ne sourcille. Le mimétisme linguistique fonctionne à plein régime : on absorbe les tournures de son entourage, de la télévision, des réseaux sociaux, puis on les reproduit machinalement. Une préposition mal placée ici, un verbe mal conjugué là, et l'erreur s'enracine.

Pourtant, soigner son expression orale ouvre des portes. En entretien d'embauche, lors d'une présentation ou même dans une discussion entre amis, la justesse du vocabulaire renforce la crédibilité. Bonne nouvelle : corriger ces automatismes ne demande pas des années d'étude, juste un peu d'attention.

Voici vingt erreurs fréquentes regroupées par thème. Pour chacune, la forme fautive, la correction et une explication limpide.

« Si j'aurais su » et autres erreurs de conjugaison courantes

La règle est catégorique : après « si » conditionnel, on emploie l'imparfait de l'indicatif, jamais le conditionnel. « Si j'aurais su » devient donc « si j'avais su ». Vous l'entendez pourtant dix fois par jour, au point que la forme correcte semble presque étrange.

Autre piège redoutable : « ils croivent » ou « ils voyent ». Ces conjugaisons n'existent pas. On dit « ils croient » et « ils voient ». La confusion vient de verbes comme « boire » (ils boivent), mais la terminaison ne se transfère pas. Un prof particulier de français peut vous aider à repérer ces réflexes tenaces en quelques séances ciblées.

Dernière erreur classique : « j'ai été au marché ». Le verbe « être » n'exprime pas un déplacement. La forme correcte reste « je suis allé au marché ». Imaginez la scène : « J'ai été au marché ce matin, j'ai trouvé des fraises magnifiques. » Remplacez par « je suis allé », et la phrase gagne en précision.

Mauvais emploi des prépositions : « aller sur Paris », « pallier à »…

« Je vais sur Paris » s'entend partout, mais la préposition « sur » indique une position physique, pas une destination. On dit « je vais à Paris ». Réservez « sur » aux cas concrets : « Le livre est sur la table. »

Le verbe « pallier » piège énormément de monde. C'est un verbe transitif direct : on pallie un problème, sans aucune préposition. Même logique pour « se rappeler » : on se rappelle quelque chose (et non « de quelque chose »). L'astuce pour ne plus confondre ? Associez « se souvenir DE » et « se rappeler + complément direct ». Deux verbes proches, deux constructions opposées.

Confusions de verbes : visiter, amener, rentrer… les pièges du quotidien

On ne visite pas ses parents. On leur rend visite. Le verbe « visiter » s'applique aux lieux : un musée, une ville, un appartement. « Je visite ma grand-mère dimanche » sonne courant, mais c'est une erreur.

Forme incorrecte

Forme correcte

Règle

Je t'amène un gâteau

Je t'apporte un gâteau

On amène une personne, on apporte un objet

Je rentre dans ce magasin

J'entre dans ce magasin

« Rentrer » = entrer *de nouveau*

Je vais visiter mon oncle

Je vais rendre visite à mon oncle

« Visiter » = un lieu

Ces distinctions paraissent subtiles, mais elles reflètent une logique sémantique que le français respecte rigoureusement.

« Malgré que », « au jour d'aujourd'hui » : les tournures fautives à éviter

L'Académie française considère « malgré que » comme fautif. Deux options s'offrent à vous : « bien que » suivi du subjonctif, ou « malgré » suivi d'un nom. Simple.

« Au jour d'aujourd'hui » cumule trois fois la notion de « ce jour ». C'est un triple pléonasme. Dites « aujourd'hui » ou « de nos jours », ça suffit amplement. « Comme même » remplace souvent « quand même » dans les conversations rapides, une déformation phonétique qui trahit l'inattention. Quant à « au final », préférez « finalement » ou « en fin de compte », car « final » reste un adjectif, pas un nom.

Les erreurs d'accord et de genre qui passent inaperçues à l'oral

« Une espèce de » reste féminin, toujours. Même devant un mot masculin. On dit « une espèce de voyou », pas « un espèce de voyou ». Le genre du complément ne change rien à celui du mot « espèce ».

La construction « après que » pose un problème différent. Contrairement à « avant que » (subjonctif), « après que » appelle l'indicatif. On écrit et on dit « après que j'ai mangé », pas « après que j'aie mangé ». La logique ? L'action est accomplie, donc réelle, donc indicatif.

Dernier piège : « les gens sont contentes ». Le mot « gens » impose le masculin pluriel pour tout adjectif placé après lui. On dit « les gens sont contents ».

Pléonasmes et répétitions inutiles : « monter en haut », « descendre en bas »…

Monter signifie déjà aller vers le haut. Ajouter « en haut » revient à dire la même chose deux fois. Même raisonnement pour « descendre en bas » ou « repousser à plus tard ».

Pourquoi ces doublons persistent-ils ? L'oral pousse naturellement à l'insistance. On veut être compris, alors on en rajoute. « Voire même » illustre parfaitement ce réflexe : « voire » contient déjà le sens de « et même ». Choisissez l'un ou l'autre, jamais les deux ensemble.

Anglicismes et tics de langage : « checker », « du coup », « au niveau de »

« Checker » possède un équivalent parfait en français : vérifier. Quand le mot français existe et fonctionne, privilégiez-le. « Au niveau de » sert désormais de locution passe-partout pour tout et n'importe quoi. Précisez votre pensée : « en ce qui concerne », « sur le plan de » ou « en matière de » selon le contexte.

Le tic « du coup » ponctue les phrases comme une virgule sonore. Réservez-le aux vraies conséquences logiques. Dans les autres cas, « donc » ou « alors » feront très bien l'affaire. Quant à « impacter », le verbe reste contesté : « affecter » ou « avoir un impact sur » gardent une meilleure assise linguistique.

Comment améliorer son français oral au quotidien ?

Lire à voix haute reste l'exercice le plus efficace pour ancrer les bonnes structures. Votre cerveau enregistre simultanément la graphie, le son et le rythme de la phrase correcte. Quinze minutes par jour suffisent.

  1. Écoutez des podcasts en français soigné (conférences, émissions littéraires) pour entraîner votre oreille

  2. Tenez un carnet de vos erreurs récurrentes et relisez-le chaque semaine

  3. Utilisez des outils comme le Projet Voltaire ou le Bescherelle pour des exercices ciblés

  4. Pratiquez la reformulation : dès qu'une tournure vous semble douteuse, cherchez une alternative

  5. Demandez à votre entourage de vous corriger, sans complexe

L'amélioration fonctionne par paliers. Corrigez deux ou trois fautes à la fois plutôt que de tout vouloir changer d'un coup. En quelques semaines, les automatismes se réinstallent, cette fois dans le bon sens.

Correction des fautes de français courantes

FAQ : les questions fréquentes sur les fautes de français à l'oral

Quelle est la faute de français la plus courante à l'oral ?

La confusion « si j'aurais / si j'avais » arrive probablement en tête, suivie de près par « malgré que » et « comme même ». Ces erreurs passent si souvent inaperçues en conversation que beaucoup de locuteurs ignorent qu'ils les commettent.

Dit-on « au coiffeur » ou « chez le coiffeur » ?

On dit « chez le coiffeur ». La préposition « chez » s'utilise devant une personne ou un professionnel. « Au » précède un lieu : au cinéma, au supermarché. Le coiffeur désigne une personne, pas un bâtiment.

Pourquoi fait-on plus de fautes à l'oral qu'à l'écrit ?

À l'oral, impossible de se relire. Les phrases sortent en temps réel, sans filet. Le mimétisme amplifie le phénomène : on reproduit depuis l'enfance les erreurs entendues autour de soi, et elles deviennent des réflexes.

Est-ce grave de faire des fautes de français à l'oral ?

Certaines n'entravent pas la compréhension. Mais en contexte professionnel (entretien, présentation, réunion), la qualité de l'expression orale pèse dans l'évaluation. Une expression soignée renforce la crédibilité et la clarté du propos.

Quels outils utiliser pour améliorer son français oral ?

Le Projet Voltaire et le Bescherelle proposent des exercices progressifs très efficaces. Des podcasts comme « Parler comme jamais » abordent la langue de manière accessible. Pratiquer avec un professeur particulier ou en groupe de conversation accélère aussi nettement la progression.

Commentaires

Partage ton avis, pose une question, ou répond à quelqu’un.

Laisser un commentaire

Articles similaires