Qui n’a jamais entendu « descendre en bas » ou « prévoir à l’avance » sans tiquer ? Les pléonasmes s’invitent dans nos phrases comme des invités un peu trop enthousiastes : ils insistent, répètent ce qui est déjà dit… et finissent par semer le doute sur notre maîtrise du français. Pourtant, ils ne sont pas une fatalité ni une faute honteuse : ils traduisent souvent l’envie de bien se faire comprendre ou l’habitude prise à l’oral.
Le vrai défi, c’est d’apprendre à les repérer pour rendre son expression plus précise – tout en s’amusant avec la langue. Grâce à quelques exemples bien choisis, des méthodes simples et un brin de malice, vous pouvez transformer ces pièges en jeux d’esprit. Et si chaque erreur devenait une occasion de progresser ?
Qu’est-ce qu’un pléonasme ? Définition claire et nuances à connaître
Le pléonasme. Derrière ce mot un peu savant se cache une réalité toute simple : dire deux fois la même chose dans une phrase, sous des formes différentes. Imaginez une invitation à « monter en haut » ou à « prévoir à l’avance » : dans chaque cas, deux mots expriment la même idée, l’un suffirait.
Dans l’univers de l’orthographe et de l’expression française, le pléonasme est souvent considéré comme une faute à éviter. Pourtant, il en existe plusieurs types. Le pléonasme vicieux se glisse là où il alourdit la phrase sans raison, tandis que le pléonasme de style joue parfois la carte du rythme ou de l’emphase, surtout en poésie.
Pour repérer un pléonasme, un test simple : Enlevez l’un des deux mots : le sens change-t-il ? Souvent, la réponse est non. C’est là que le pléonasme apparaît, bien caché dans nos habitudes de langage.
Nuances : pléonasme vicieux, stylistique ou tolérés ?
Pléonasme vicieux. Celui-là, il est à éviter dans les écrits soignés et l’expression précise. « Je l’ai vu de mes propres yeux » : la notion de « voir » implique déjà les yeux, inutile d’insister. À l’école ou au travail, mieux vaut le repérer et le corriger.
Pléonasme stylistique ? Là, c’est parfois voulu, surtout pour rythmer une chanson (« Je l’ai su, su trop tard »), pour marquer l’émotion, ou apporter une touche de poésie. Chacun y trouve son style et peut même « jouer » sur la répétition pour appuyer une idée.
Pléonasmes tolérés : dans le langage oral – famille, amis, petits papiers du quotidien – certains pléonasmes passent inaperçus. « Je vais sortir dehors », « petite maisonnette ». Chez les enfants, ils deviennent des repères rassurants, parfois même pédagogiques. Le contexte fait alors la différence : la rigueur s’impose dans un texte officiel, la tolérance dans un dialogue spontané.
Les pléonasmes dans la vie courante : exemples concrets et drôles
Dans la vie de tous les jours, les pléonasmes courent partout. Ils grimpent dans nos discussions, se glissent dans les bulletins d’informations, surgissent dans les cahiers… et souvent, on ne les remarque même pas. Voici une courte sélection pour muscler votre œil et votre oreille.
- Monter en haut / Descendre en bas : L’escalier, tout seul, donne déjà la direction ! Pour s’en rappeler : imaginez une échelle où seule la flèche suffirait.
- Prévoir à l’avance : C’est la définition même de prévoir. Astuce : essayez de remplacer « prévoir » par « deviner » ou « anticiper » : le doublon saute aux yeux.
- Au jour d’aujourd’hui : Expression redondante, mais très populaire à la télévision et dans le jargon scolaire. Pour ne pas tomber dans le piège : souvenez-vous que « aujourd’hui » contient déjà « jour ».
- Je l’ai vu de mes propres yeux : Un classique, presque poétique. À l’oral, la formule marque la confiance, mais à l’écrit, mieux vaut simplifier !
- Petite maisonnette : La terminaison “-ette” signale déjà la petitesse. On peut s’amuser à chasser tous les « petit/petite + -ette/-eau/-on » dans un texte.
- Je vais sortir dehors : L’action implique déjà un changement de lieu. Astuce : pensez « sortir, c’est rejoindre… » et laissez « dehors » en bonus pour une devinette.
Parfois la presse s’en mêle : « anticiper à l’avance », « donner un coup de pied avec le pied », « voir de ses propres yeux ». La chasse aux pléonasmes devient presque un jeu, à l’école comme dans les dîners familiaux.
Petit défi : pouvez-vous repérer cinq pléonasmes dans votre journée, puis les remplacer un à un par des alternatives plus percutantes ?
Pléonasmes célèbres à ne pas rater (et pourquoi ils font sourire)
- Je l’ai vu de mes propres yeux (pléonasme courants) – Dans les discussions animées, il sert à convaincre… mais reste superflu !
- Descendre en bas (pléonasme drôle) – Presque incontournable à l’école ou dans les escaliers d’un immeuble.
- Prévoir à l’avance – Souvent utilisé dans les bulletins météo. Double confirmation qui ne change rien au sens.
- Au jour d’aujourd’hui – Expression qui prête souvent à sourire, et pourtant survit dans de nombreux discours politiques.
- Je vais sortir dehors – Variation idéale pour un atelier « chasse aux pléonasmes » en famille.
Ces exemples nous rappellent que même les plus minutieux d’entre nous s’y laissent prendre. Le sourire vient souvent de ce petit air d’évidence inutile.
Démo pratique en vidéo : reconnaître les pléonasmes à l’oral
Reconnaître un pléonasme à l’écrit, c’est déjà un sport. Mais à l’oral, tout va plus vite, tout se camoufle sous le flot de mots familiers. Alors, pourquoi ne pas essayer la méthode active ? Écoutez cette courte vidéo pédagogique, qui compile des pléonasmes typiques entendus à l’école, sur les réseaux sociaux, et même dans les conversations de rue !
L’exercice ? Repérez les pléonasmes, notez ceux que vous entendez souvent. Faites le test avec vos proches : qui en repère le plus ? C’est la première marche pour muscler votre attention et ne plus tomber dans le piège sans vous en rendre compte.
Pourquoi fait-on des pléonasmes ? Origines, pièges et raisons cachées
Vous demandez-vous pourquoi les pléonasmes se faufilent si souvent dans nos phrases, même après des années de pratique ? Plusieurs raisons se conjuguent : l’influence de l’oralité, d’abord. Quand nous parlons, l’information en trop donne l’illusion de l’insistance, du renfort. Parfois, on veut être sûr d’être compris.
Autre piège : les automatismes du langage. À force de répéter des expressions toutes faites, elles s’imposent comme des formules magiques. “Monter en haut”, “prévoir à l’avance”… le cerveau aime les routines.
La culture joue aussi : chaque région, chaque groupe invente ses propres pléonasmes pour renforcer une expression, adoucir une conversation, ou tout simplement, pour le plaisir de la redondance. L’erreur, ici, devient un tremplin : c’est une occasion de s’interroger, de comprendre pourquoi on ajoute, pourquoi on répète.
N’ayez crainte si vous tombez dans le panneau : c’est universel, et le repérage se fait avec le temps (et un peu de malice) !
Astuces concrètes et définitions jeux pour éviter les pléonasmes
Envie de progresser, sans perdre le sourire ? Voici quelques astuces, exercices et jeux pour transformer la chasse aux pléonasmes en passe-temps quotidien.
- La technique du retrait : Supprimez un mot dans l’expression suspecte (« monter en haut » → « monter »). Si le sens ne change pas, c’est gagné : le pléonasme est là.
- Le défi du jour : Repérez un pléonasme dans les discussions, bulletins TV ou messages écrits. Notez-le, corrigez-le, puis partagez-en la version simplifiée à un proche.
- Dictée rythmée : Inventez des phrases piégeuses à dicter à vos amis, puis comparez les corrections. Cela aide à mémoriser les cas fréquents.
- La chanson des pléonasmes : Créez une petite ritournelle, façon “J’ai vu de mes propres yeux / Prévoir à l’avance tous les jeux…”, pour retenir les exemples et en rire.
- La manipulation concrète : Avec des cartes ou des jetons, associez chaque expression à son alternative correcte. À chaque correction, la récompense : un point, ou une grimace !
L’erreur n’est pas une fatalité : chaque pléonasme repéré, corrigé ou utilisé volontairement (pour le style) devient un jalon de votre progression.
Souvenez-vous : la bienveillance, c’est accepter de trébucher pour mieux rebondir !
Exercice rapide : chasse aux pléonasmes dans une phrase
Envie de tester vos réflexes ? Voici un mini-exercice, à faire seul ou en équipe.
- 1. Lisez cette phrase : “Je vais monter en haut, puis prévoir à l’avance mon départ.”
- 2. Repérez les termes qui semblent répéter la même information (pléonasmes).
- 3. Essayez d’enlever l’un des mots de chaque expression. La phrase reste-t-elle compréhensible ?
- 4. Réécrivez la phrase sans les doublons : “Je vais monter, puis prévoir mon départ.”
C’est un bon réflexe à adopter pour chaque texte : le tri permet d’avoir des phrases plus claires, plus dynamiques. À vous de jouer, chaque jour !
Un pléonasme peut-il être utilisé volontairement dans un texte littéraire ?
Existe-t-il une liste officielle des pléonasmes à éviter absolument ?
Comment différencier un pléonasme d'une simple reformulation ?
Le pléonasme est-il toujours une faute ?
Retenir l’essentiel et jouer avec les pléonasmes
Les pléonasmes font partie de notre quotidien : inutile d’en avoir peur. L’essentiel est de savoir les reconnaître pour rendre vos propos plus justes et vivants. Plus vous jouez avec eux, plus ils deviennent faciles à débusquer.
N’hésitez pas à utiliser les listes d’exemples, les astuces pratiques ou la vidéo proposée pour exercer votre œil (et votre oreille) critique. Chaque nouvelle expression repérée est déjà un pas vers une langue mieux maîtrisée.
Rappelez-vous : l’erreur n’est qu’une étape normale du progrès. Osez tester des dictées amusantes ou proposer vos propres défis pour avancer sans pression.
L’orthographe regorge d’autres surprises drôles et piégeuses : faites-en votre terrain de jeu !