Exercices, ressources pédagogiques et supports pour enseignants, parents et enfants ! Blog Orthographique

La situation d'énonciation désigne les circonstances de production d'un énoncé : qui parle, à qui, où et quand. Elle se repère aux pronoms personnels, aux temps verbaux employés et aux indicateurs de lieu et de temps présents dans la phrase étudiée.

📄
Télécharger la fiche PDF du coursVersion imprimable · 2269 mots
Télécharger

Dans une réplique de théâtre, le « je » ne renvoie jamais au même personnage d'une scène à l'autre : c'est là que beaucoup d'élèves se perdent le jour du contrôle. Repérer qui parle, à qui, où et quand change pourtant tout le sens d'une phrase. Voici une méthode en quatre questions, des exemples tirés d'œuvres du programme, et des exercices corrigés pour vérifier vos acquis.

Ce qu'il faut savoir sur la situation d'énonciation

La situation d'énonciation regroupe les circonstances concrètes dans lesquelles un énoncé est produit : qui parle (l'énonciateur), à qui (le destinataire), à quel moment et depuis quel lieu. Ces éléments déterminent les pronoms, les temps verbaux et les repères spatio-temporels comme « ici », « hier » ou « demain ».

On distingue deux catégories d'énoncés. L'énoncé ancré reste relié au moment et au lieu où il est prononcé : c'est le cas d'un dialogue, d'une lettre ou d'un discours. L'énoncé coupé s'en détache : c'est le cas du récit, souvent rédigé au passé simple, qui raconte des faits sans lien direct avec le moment de la lecture. Cette distinction structure la quasi-totalité des exercices d'analyse, au contrôle comme à l'oral.

Les indices grammaticaux de l'énonciation

Pour repérer une situation d'énonciation, traquez trois familles d'indices : les pronoms de 1re et 2e personne (je, tu, nous, vous, mon, ton), qui signalent l'énonciateur et le destinataire ; les temps verbaux, le présent, le passé composé et le futur ancrant l'énoncé tandis que le passé simple et l'imparfait le détachent ; enfin les adverbes et compléments de lieu et de temps (« ici », « maintenant », « hier », « la semaine prochaine »), qui précisent où et quand l'énoncé est produit. Un texte riche en ces trois marques est presque toujours ancré.

Repérer qui parle, à qui, où et quand

Méthode pas à pas pour repérer la situation d'énonciation

Face à un texte inconnu, procédez toujours dans le même ordre : cette régularité fait gagner du temps le jour du contrôle.

  1. Identifiez le locuteur. Cherchez les pronoms de 1re personne (je, nous) et les marques de subjectivité (jugement, exclamations) : ils désignent celui qui parle.
  2. Identifiez le destinataire. Repérez les pronoms de 2e personne (tu, vous), les impératifs et les interpellations : ils désignent à qui l'énoncé s'adresse.
  3. Situez le lieu. Relevez les compléments et adverbes de lieu (ici, là-bas, dans cette salle) qui ancrent le texte dans un espace précis.
  4. Situez le moment. Relevez les adverbes de temps (maintenant, hier, aujourd'hui) et observez le temps des verbes conjugués.
  5. Vérifiez la cohérence. Un énoncé ancré associe présent, marques de personne et repères proches ; un énoncé coupé associe plutôt passé simple et effacement du locuteur.

Cette méthode fonctionne aussi bien sur une réplique de théâtre que sur un extrait de roman : seuls les indices changent, pas la démarche.

Les quatre questions clés : qui, à qui, où, quand

Chacune des quatre questions renvoie à un indice grammatical précis. « Qui parle ? » se lit dans les pronoms de 1re personne et les tournures subjectives. « À qui s'adresse-t-on ? » se repère grâce aux pronoms de 2e personne, aux impératifs et aux vocatifs (mots qui interpellent directement quelqu'un). « Où ? » se déduit des compléments de lieu ; « Quand ? » des adverbes de temps et du temps verbal dominant. En posant ces quatre questions dans l'ordre, l'analyse devient complète et vérifiable pour n'importe quel passage.

Qui parle identifiez le locuteur grâce aux pronoms je ou nous.
À qui identifiez le destinataire grâce aux pronoms tu ou vous.
repérez le lieu grâce aux compléments de lieu.
Quand repérez le moment grâce au temps verbal et aux adverbes de temps.
Les quatre questions pour repérer une situation d'énonciation

Exemples résolus tirés d'œuvres du programme

Prenons une réplique de théâtre, où la situation d'énonciation est directement lisible puisque les personnages se parlent en direct sur scène. Dans une comédie de Molière, lorsqu'un personnage lance à son interlocuteur une réplique au présent avec « je » et « vous », la situation est entièrement ancrée : le locuteur est celui qui parle, le destinataire celui à qui la réplique est adressée, le lieu est la scène, le moment celui de l'action représentée.

Dans un récit, l'exercice est différent. Chez Guy de Maupassant, des nouvelles comme Madame Baptiste, parue en 1882, ou Le Petit Fût, parue en 1884, adoptent un narrateur extérieur qui raconte des faits révolus au passé simple, sans que le locuteur ne s'implique dans l'histoire. La situation d'énonciation doit alors être reconstituée : le narrateur n'est pas nécessairement l'auteur, le destinataire est un lecteur implicite, et le récit se coupe du moment de la narration.

Énoncé ancré ou énoncé coupé de la situation d'énonciation

Comparez deux extraits pour sentir la différence. Une réplique de dialogue au présent, avec « je » et « vous », est un énoncé ancré : elle ne prend son sens complet que rapportée à son moment et à son lieu de production. Un passage de récit au passé simple, où le narrateur s'efface derrière les personnages, est un énoncé coupé : il reste compréhensible indépendamment du moment où on le lit. Le discours du général de Gaulle du 18 juin illustre ce basculement : fortement ancré dans son moment d'origine, il devient, une fois cité dans un manuel, un énoncé à recontextualiser.

À retenir sur la situation d'énonciation

Avant un contrôle, gardez en tête ce pense-bête en deux points. Premier réflexe : posez toujours les quatre questions dans le même ordre, qui parle, à qui, où, quand, et appuyez chaque réponse sur un indice grammatical précis (pronom, verbe conjugué, complément de lieu ou de temps), jamais sur une impression. Second réflexe : demandez-vous si l'énoncé est ancré, relié à son moment et à son lieu de production comme un dialogue ou une lettre, ou s'il en est coupé, comme un récit au passé simple qui raconte des faits révolus. Ces deux réflexes suffisent pour traiter n'importe quel extrait.

Exercices progressifs sur la situation d'énonciation

Exercices progressifs sur la situation d'énonciation

Exercice 1 ⭐

Dans la phrase suivante, soulignez les pronoms qui renvoient à l'énonciateur et au destinataire, puis complétez : « Je te promets que nous partirons ensemble demain matin. » L'énonciateur est ____, le destinataire est ____.

Exercice 2 ⭐

Lisez cet échange :
«, Tu viens avec moi ? demanda Léa.
Oui, répondit Karim, je te suis. »
Identifiez qui parle en premier et qui répond, puis indiquez le pronom qui désigne chaque interlocuteur.

Exercice 3 ⭐

Classez ces trois phrases en énoncé ancré ou énoncé coupé de la situation d'énonciation : a) « Je pars demain. » ; b) « Il partit le lendemain. » ; c) « Nous arrivons maintenant. »

Exercice 4 ⭐⭐

Relevez tous les indices de lieu et de temps dans cette phrase, puis dites si l'énoncé est ancré ou coupé : « Ici, dans cette salle, nous répétons cette scène depuis ce matin. »

Exercice 5 ⭐⭐

Vrai ou faux ? Justifiez chaque réponse en une phrase. a) Un énoncé au passé simple est toujours ancré. b) Les pronoms « je » et « tu » signalent la présence de l'énonciateur et du destinataire. c) Le lieu de l'énonciation ne s'exprime jamais par un adverbe.

Exercice 6 ⭐⭐

Transformez cet énoncé ancré en énoncé coupé de la situation d'énonciation, en changeant les pronoms et le temps du verbe : « Je te dis maintenant que tu as raison. »

Exercice 7 ⭐⭐⭐

Lisez ce court passage de récit et répondez aux quatre questions clés (qui, à qui, où, quand) en justifiant chaque réponse par un indice précis : « Le vieux fermier observa longuement le ciel gris. Il savait que la pluie viendrait avant le soir, comme chaque année à la même saison. »

Exercice 8 ⭐⭐⭐

Voici un court extrait de dialogue de théâtre :
« MAÎTRE., Approchez, mon ami, et dites-moi ce que vous avez vu ce matin dans le jardin.
VALET., Monsieur, j'ai vu un homme rôder près du portail. »
Identifiez le locuteur, le destinataire, le lieu et le moment de l'énonciation, puis expliquez pourquoi cet énoncé est ancré.

Correction

Exercice 1. L'énonciateur est « je » (celui qui promet), le destinataire est « te/tu » (celui à qui la promesse est faite) ; « nous » renvoie à l'énonciateur associé au destinataire dans l'action future.

Exercice 2. Léa parle en premier ; dans sa question, elle se désigne par « moi » et désigne Karim par « tu ». Karim répond et se désigne par « je », en renvoyant à Léa par « te ».

Exercice 3. a) ancré : présent et « je » relient l'énoncé au moment de la parole. b) coupé : passé simple et absence de marque de personne détachent l'énoncé de la situation d'énonciation. c) ancré : présent et « nous » situent l'énoncé dans l'instant présent.

Exercice 4. Indices de lieu : « ici », « dans cette salle » ; indice de temps : « ce matin », renforcé par le présent « répétons ». L'énoncé est ancré, car tous les repères renvoient au moment et au lieu de la parole.

Exercice 5. a) Faux : le passé simple coupe généralement l'énoncé de la situation d'énonciation, il ne l'ancre pas. b) Vrai : ce sont précisément les marques de l'énonciateur et du destinataire. c) Faux : un adverbe comme « ici » ou « là-bas » exprime justement le lieu de l'énonciation.

Exercice 6. Une transformation possible : « Il lui déclara alors qu'elle avait raison. » Le passage de « je/tu/maintenant » à « il/elle/alors » et du présent au passé simple détache clairement l'énoncé de la situation d'énonciation d'origine.

Exercice 7. Qui : un narrateur extérieur, absent du texte sous forme de « je ». À qui : un lecteur implicite, non désigné directement. Où : aucun lieu précisé, l'énoncé reste général. Quand : le passé simple « observa » et l'imparfait « savait » situent l'action dans un passé révolu, coupé du moment de la lecture.

Exercice 8. Locuteur : le Maître, qui parle au Valet. Destinataire : le Valet, interpellé par « mon ami » et un vouvoiement marqué par « vous », « Approchez » et « dites-moi ». Lieu : la scène, avec renvoi au jardin évoqué. Moment : « ce matin », en lien avec le présent de la réplique. L'énoncé est ancré car les pronoms de 1re et 2e personne, le présent de l'échange et les repères de temps et de lieu renvoient tous directement à la situation de l'échange sur scène.

Ce qu'il faut retenir

Quelle différence entre énoncé ancré et énoncé coupé de la situation d'énonciation ? • L'énoncé ancré porte des indices directs du moment de la parole (je, ici, maintenant), tandis que l'énoncé coupé, typique du récit, s'en détache par l'usage du passé simple et de la 3e personne.
Quels indices grammaticaux changent selon la situation d'énonciation ? • Les pronoms personnels, les temps verbaux et les adverbes de lieu ou de temps varient selon qui parle, à qui, où et quand.
En quoi la situation d'énonciation diffère-t-elle entre théâtre et récit ? • Au théâtre, le locuteur et le destinataire sont visibles dans la réplique ; dans un récit, ils doivent être déduits des indices laissés par le narrateur.
Quel est le synonyme d'énonciation ? • On parle aussi de contexte de communication ou de contexte d'énoncé pour désigner la situation d'énonciation.

Réponses à vos questions

Qu'est-ce que la situation d'énonciation ?

C'est l'ensemble des circonstances dans lesquelles un énoncé est produit : qui parle (l'énonciateur), à qui (le destinataire), à quel moment et depuis quel lieu. Elle détermine le choix des pronoms, des temps verbaux et des repères spatio-temporels du texte.

Comment analyser la situation d'énonciation dans un texte ?

Posez systématiquement quatre questions dans l'ordre : qui parle, à qui, où et quand. Appuyez chaque réponse sur un indice précis relevé dans le texte : pronom, verbe conjugué, complément de lieu ou de temps, plutôt que sur une impression générale.

Qu'est-ce qu'une situation d'énonciation, avec un exemple ?

Dans une réplique de théâtre, un personnage qui dit « je » à un autre personnage sur scène, au présent, crée une situation d'énonciation ancrée : locuteur et destinataire sont identifiables, le lieu est la scène, le moment celui de l'action jouée.

Quelles sont les marques de l'énonciation ?

Ce sont principalement les pronoms personnels et possessifs de 1re et 2e personne, les temps verbaux comme le présent ou le passé composé, et les adverbes ou compléments de lieu et de temps tels que « ici », « maintenant » ou « hier ».

Quels sont les différents types d'énonciation ?

On distingue surtout l'énoncé ancré dans la situation d'énonciation, comme un dialogue ou une lettre, et l'énoncé coupé de cette situation, comme un récit au passé simple. Un même texte peut d'ailleurs combiner passages ancrés et passages coupés.

Une situation d'énonciation se lit toujours à travers les mêmes repères : qui parle, à qui, où et quand. Reprenez la méthode en quatre questions à chaque texte rencontré, théâtre ou récit, et l'analyse devient un réflexe plutôt qu'une hésitation. Faites les exercices une première fois sans regarder les réponses, puis comparez avec le corrigé pour repérer ce qui vous a échappé avant votre prochain contrôle.

Commentaires

Une question sur cet exercice ? Une remarque pédagogique ? Laissez-nous un message.

Laisser un commentaire