Vous écrivez Je parle à mon voisin et le doute s’installe : ce petit groupe avec à, c’est quoi exactement ? Beaucoup d’élèves (et d’adultes) bloquent ici, parce que le complément du verbe ne se voit pas toujours au premier coup d’œil.
Le piège, c’est la confusion avec le COD. On hésite, on change de question, on rature… et la phrase perd son sens. Pourtant, le COI fonctionne avec une logique très concrète : il est relié au verbe par une préposition.
Bonne nouvelle : avec une méthode simple, des questions bien choisies et quelques images mentales, vous allez savoir reconnaître un complément d’objet indirect sans stress. Même dans les phrases du quotidien.
Qu'est-ce que le complément d'objet indirect
Dans une phrase, le complément d’objet indirect, ou COI, est un complément du verbe. Il sert à compléter le sens du verbe, mais pas de façon directe. Autrement dit, le verbe n’atteint pas son complément sans passer par un petit mot de liaison.
Ce petit mot, vous l’avez sans doute déjà croisé mille fois sans y prêter attention. Il s’agit d’une préposition. Les plus courantes sont à et de. Grâce à elles, le verbe indique vers qui, vers quoi, ou à propos de quoi se fait l’action.
Exemple très simple : « Je parle à mon voisin. » Le verbe parler ne suffit pas tout seul. Il appelle un complément, introduit par à. Ce groupe de mots est le COI.
Attention à ne pas le confondre avec un complément circonstanciel. Le COI est essentiel au verbe : si vous le supprimez, la phrase devient bizarre ou incomplète. Pour mieux faire la différence, vous pouvez consulter cet article sur le complément circonstanciel et ses usages.
Le lien entre le verbe et le COI
Certains verbes sont ce qu’on appelle des verbes transitifs indirects. Ils ont besoin d’un complément, mais uniquement par l’intermédiaire d’une préposition.
On dit par exemple obéir à quelqu’un, se souvenir de quelque chose, penser à demain. Sans la préposition, la construction ne fonctionne pas. C’est ce lien indirect, presque comme un pont, qui caractérise le COI.
Comment reconnaître un COI dans une phrase
Bonne nouvelle : il existe une méthode fiable, accessible dès le primaire. Pas besoin de réciter toute la grammaire française. Il suffit d’avancer par étapes, calmement.
D’abord, repérez le verbe conjugué. Ensuite, cherchez le groupe de mots qui dépend directement de ce verbe. Enfin, observez comment ce groupe est introduit : s’il commence par une préposition, vous êtes sur une bonne piste.
Les prépositions les plus fréquentes pour un COI sont à et de, mais d’autres existent. L’important n’est pas de toutes les connaître, mais de vérifier leur présence.
Les questions à se poser
- Le verbe répond-il à la question à qui ?
- Ou à la question à quoi ?
- Parfois à de qui ? ou de quoi ?
Prenons une phrase concrète : « Elle pense à ses vacances. » On pose la question après le verbe : elle pense à quoi ? La réponse contient une préposition. Le COI est trouvé.
Si la question fonctionne sans préposition, on n’est plus dans le COI. C’est souvent là que la confusion commence… et que la section suivante va vous être utile.
COI ou COD : ne plus les confondre
COD et COI se ressemblent beaucoup. Ils complètent tous les deux le verbe. Mais une différence fait toute la distinction : la présence ou non d’une préposition.
| COD | COI |
|---|---|
| Complète directement le verbe | Complète le verbe via une préposition |
| Répond à « qui ? » ou « quoi ? » | Répond à « à qui ? », « à quoi ? », « de qui ? », « de quoi ? » |
| « Je mange une pomme » | « Je parle à mon ami » |
Un même verbe peut changer de sens selon qu’il est suivi d’un COD ou d’un COI. « Penser quelque chose » n’a pas le même sens que « penser à quelque chose ». D’où l’importance de bien observer la construction.
Astuce mnémotechnique pour choisir
Imaginez le verbe comme une balle. S’il touche directement l’objet, sans intermédiaire, c’est un COD. S’il a besoin d’un gant — la préposition — pour atteindre sa cible, c’est un COI.
Dès que vous voyez à ou de, allumez une petite alarme mentale : « Relation indirecte ! » Ce réflexe fait gagner un temps précieux.
Exemples courants de compléments d'objet indirect
Le COI n’est pas réservé aux phrases compliquées. Il se glisse partout, dans le quotidien le plus banal.
« Il répond à sa mère. »
« Nous avons confiance en toi. »
« Elle se souvient de cette histoire. »
Ces phrases utilisent des temps et des verbes très courants. Pour revoir certaines conjugaisons souvent associées à ces constructions, l’article sur le présent de l’indicatif peut compléter utilement l’entraînement.
Verbes fréquents construits avec un COI
- parler à quelqu’un
- penser à quelque chose
- obéir à une règle
- se souvenir de son enfance
- dépendre de quelqu’un
Apprendre ces verbes en blocs, avec leur préposition, évite bien des erreurs. Comme une chanson dont on connaît déjà le refrain.
Un rappel visuel pour fixer la notion
Après la lecture, un support visuel aide souvent à fixer durablement la notion. Une vidéo courte permet de revoir l’essentiel, sans surcharge, en mobilisant une autre forme de mémoire.
Utilisez-la comme un résumé animé. Lisez, regardez, puis revenez aux exemples écrits. Ce va-et-vient renforce la compréhension et rassure, surtout quand la grammaire a longtemps semblé floue.
Un COI peut-il être déplacé dans la phrase ?
Un verbe peut-il avoir plusieurs COI ?
Le COI, pas à pas et sans pression
Identifier un complément d’objet indirect devient beaucoup plus simple quand vous suivez toujours le même chemin : repérez le verbe, cherchez la préposition, puis posez la bonne question : à qui, à quoi, de qui ou de quoi. Si la relation passe « par un détour », vous tenez votre COI.
La différence avec le COD n’est alors plus floue : pas de préposition, pas de COI. Ce réflexe visuel et logique aide à trancher rapidement, même dans des phrases un peu longues.
Comme toute notion de grammaire, le COI s’apprivoise avec la pratique. Testez sur des phrases simples, acceptez l’erreur comme un indice utile, et revenez souvent aux exemples concrets. Peu à peu, votre œil grammatical gagne en assurance — et écrire redevient un plaisir.