La proposition subordonnée relative apparaît très tôt dans les phrases que l’on lit, que l’on écrit, que l’on corrige au tableau ou dans un cahier. Elle se glisse derrière un nom, ajoute une précision, éclaire un détail, et transforme une phrase simple en phrase plus riche. On la rencontre partout : dans les contes, dans les consignes, dans les rédactions d’élèves, et même dans les petites phrases du quotidien : « Le livre que tu cherches est sur la table. » Rien d’impressionnant, donc, mais un mécanisme à bien comprendre.
Pour les enseignants, les parents et les élèves, reconnaître une proposition relative permet de mieux analyser la phrase, d’éviter certaines erreurs de ponctuation et de choisir le bon pronom relatif. C’est un peu comme repérer une pièce discrète dans une machine plus grande : une fois qu’on sait à quoi elle sert, tout devient plus clair. Suivons pas à pas cette proposition relative, avec des repères simples, des exemples parlants et quelques astuces qui rendent la grammaire moins raide qu’elle n’en a l’air.
Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée relative ?
La proposition subordonnée relative est une proposition introduite par un pronom relatif. Elle dépend d’un autre élément de la phrase, le plus souvent un nom ou un pronom appelé antécédent, qu’elle vient compléter ou préciser.
Dans la phrase La maison qui est au coin de la rue appartient à ma tante, le groupe qui est au coin de la rue est une proposition subordonnée relative. Elle complète le nom maison, qui est son antécédent.
On la dit subordonnée parce qu’elle ne fonctionne pas seule dans la phrase : elle dépend d’une proposition principale. On la dit relative parce qu’elle est introduite par un mot de relation, le pronom relatif, qui relie l’antécédent à la proposition.
- Elle complète un nom ou un pronom.
- Elle commence généralement par qui, que, dont, où, parfois lequel et ses formes.
- Elle apporte une information utile, descriptive ou distinctive.
Astuce : si vous pouvez poser la question « quel nom est précisé ? », vous tenez souvent l’antécédent de la relative.
Comment reconnaître une proposition relative dans une phrase ?
Pour repérer une proposition relative, trois indices sont très efficaces. Le premier, c’est la présence d’un pronom relatif. Le deuxième, c’est l’existence d’un antécédent. Le troisième, c’est la fonction de précision apportée à cet antécédent.
Les signes qui ne trompent pas
- Repérer un pronom relatif : qui, que, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
- Chercher le mot complété juste avant : c’est souvent un nom.
- Vérifier que le groupe introduit dépend bien de ce mot et non de toute la phrase.
Exemples :
- Le vélo que Paul a réparé roule parfaitement.
La relative est que Paul a réparé. Elle complète vélo. - Voici l’élève dont je t’ai parlé.
La relative est dont je t’ai parlé. Elle complète élève. - Nous visiterons la ville où elle a grandi.
La relative est où elle a grandi. Elle complète ville.
Ne pas confondre avec d’autres propositions
Le mot que n’introduit pas toujours une relative. Dans Je pense que tu as raison, que tu as raison est une proposition subordonnée conjonctive, pas une relative. Il n’y a pas d’antécédent à compléter.
De même, où peut parfois marquer seulement le lieu dans une interrogation indirecte. Dans Je me demande où il va, il ne s’agit pas d’une relative, car où il va ne complète pas un nom antécédent.
Astuce : quand le groupe introduit par qui, que, dont ou où décrit un nom, vous êtes très probablement face à une proposition subordonnée relative.
Le rôle de l’antécédent dans la proposition subordonnée relative
L’antécédent est le mot que la relative vient préciser. Sans lui, la relation grammaticale se brouille. C’est le point d’appui de la proposition subordonnée relative, un peu comme le crochet auquel on suspend une information supplémentaire.
Dans La chanson que tu fredonnes me reste en tête, l’antécédent est chanson. Dans Celui qui a fini peut sortir, l’antécédent est le pronom celui.
Relative déterminative ou explicative
Toutes les relatives n’ont pas exactement le même effet de sens.
- La relative déterminative sert à identifier précisément l’antécédent.
Les élèves qui ont terminé rangent leur cahier.
Ici, seuls les élèves concernés sont visés. - La relative explicative ajoute une information sur un antécédent déjà identifié.
Mon frère, qui adore les cartes, prépare déjà l’itinéraire.
La relative est entre virgules et donne un renseignement supplémentaire.
Cette distinction aide beaucoup pour la ponctuation et pour le sens. Une virgule peut changer la portée de la phrase, ce qui n’est pas un petit détail quand on lit avec attention.
Pour revoir les fonctions autour du nom, vous pouvez aussi consulter les fonctions grammaticales dans la phrase.
Les pronoms relatifs les plus fréquents
Le cœur de la proposition subordonnée relative, c’est le pronom relatif. Il relie l’antécédent à la relative et occupe une fonction dans cette relative : sujet, complément d’objet, complément introduit par une préposition, complément de lieu ou de temps.
| Pronom relatif | Fonction dans la relative | Exemple |
|---|---|---|
| qui | Sujet | Le chat qui dort est très vieux. |
| que | COD | Le film que nous regardons est captivant. |
| dont | Complément avec de | Le livre dont je parle est épuisé. |
| où | Complément de lieu ou de temps | La maison où il vit est ancienne. |
| lequel, laquelle, lesquels, lesquelles | Complément après préposition | La chaise sur laquelle il s’assoit grince. |
Comment choisir le bon pronom relatif ?
Le choix dépend de la fonction du mot dans la relative.
- Qui remplace l’antécédent quand il est sujet du verbe de la relative.
- Que le remplace quand il est COD.
- Dont remplace un complément construit avec de.
- Où renvoie souvent à un lieu ou à un moment.
- Lequel et ses formes apparaissent surtout après une préposition : avec lequel, sur laquelle, parmi lesquels.
Pour approfondir l’emploi de dont, souvent redouté puis finalement apprivoisé, vous pouvez lire notre cours sur le pronom relatif dont.
Astuce : remplacez mentalement le pronom relatif par l’antécédent dans la relative. La fonction apparaît alors plus facilement.
Fonctions et analyses : à quoi sert la proposition relative ?
Dans l’analyse grammaticale, la proposition subordonnée relative a le plus souvent une fonction de complément de l’antécédent. Elle enrichit le groupe nominal et permet d’éviter des phrases courtes et répétitives.
Comparez :
- J’ai croisé une voisine. Cette voisine habite au troisième étage.
- J’ai croisé une voisine qui habite au troisième étage.
La seconde formulation est plus fluide. La relative sert donc à lier les idées sans casser le rythme de la phrase.
Dans les exercices d’analyse
On peut demander de :
- souligner la proposition subordonnée relative ;
- encadrer le pronom relatif ;
- indiquer l’antécédent ;
- préciser la fonction du pronom relatif dans la relative.
Exemple analysé : Le roman que tu m’as prêté me passionne.
- Proposition subordonnée relative : que tu m’as prêté
- Antécédent : roman
- Pronom relatif : que
- Fonction de que dans la relative : COD de as prêté
Pour revoir la différence entre sujet, COD et autres fonctions, un détour utile se trouve ici : comprendre le COD et le COI.
Erreurs fréquentes avec la proposition relative
La proposition relative pose souvent les mêmes difficultés. Les repérer aide à mieux corriger les phrases et à mieux écrire.
Confondre que et qui
On entend parfois : Le livre qui j’ai lu. La forme correcte est Le livre que j’ai lu, car le pronom est COD du verbe ai lu. En revanche, on dira Le livre qui est posé sur la table, car qui est sujet de est posé.
Employer dont à la place d’un autre tour
Dont fonctionne quand le verbe ou l’expression se construit avec de. On dit le projet dont je parle, mais non le projet dont je pense. Il faut dire le projet auquel je pense.
Oublier les virgules avec une relative explicative
Ma sœur qui vit à Lyon vient demain et Ma sœur, qui vit à Lyon, vient demain ne disent pas exactement la même chose. Dans le second cas, on ajoute une précision sur une sœur déjà identifiée.
Mal accorder le participe passé après que
Dans Les fleurs que j’ai cueillies, le COD que, représentant fleurs, est placé avant le verbe. Le participe passé s’accorde donc avec l’antécédent. Cette difficulté relève à la fois de la grammaire et de l’orthographe.
Pour s’entraîner sur ce point délicat, vous pouvez consulter l’accord du participe passé avec avoir et nos exercices de conjugaison.
Astuce : si la phrase résiste, revenez à deux phrases simples. Cela aide souvent à retrouver la bonne construction.
Méthode simple pour identifier une proposition subordonnée relative
Quand la phrase est longue, une petite méthode en quatre temps évite bien des hésitations.
- Repérez un pronom relatif possible.
- Trouvez le nom ou pronom qu’il reprend.
- Délimitez la proposition introduite par ce pronom.
- Testez son rôle : complète-t-elle l’antécédent ?
Appliquons cette méthode à la phrase Le jardin que nos voisins entretiennent avec soin est magnifique au printemps.
- Pronom relatif : que
- Antécédent : jardin
- Relative : que nos voisins entretiennent avec soin
- Rôle : elle précise de quel jardin il s’agit
Cette démarche fonctionne aussi dans des phrases plus littéraires, plus scolaires ou plus quotidiennes. Avec un peu d’habitude, le repérage devient presque automatique, comme lorsque l’œil reconnaît d’un coup une terminaison verbale familière.
Foire aux questions
Comment savoir si une proposition est une proposition subordonnée relative ?
Elle est généralement introduite par un pronom relatif comme qui, que, dont ou où, et elle complète un antécédent, souvent un nom. Si le groupe décrit ou précise ce nom, il s’agit très probablement d’une proposition subordonnée relative.
Quelle est la différence entre une proposition relative et une proposition conjonctive ?
La proposition relative complète un nom ou un pronom antécédent, tandis que la proposition conjonctive complète souvent un verbe, un adjectif ou l’ensemble de la phrase. Dans Je vois le garçon qui court, qui court est une relative. Dans Je pense qu’il court, qu’il court est une conjonctive.
Le pronom relatif a-t-il une fonction dans la phrase ?
Oui. Dans la proposition relative, le pronom relatif a une fonction grammaticale. Il peut être sujet, COD, complément introduit par de ou complément de lieu et de temps. Par exemple, dans La maison qui brûle, qui est sujet du verbe brûle.
Pourquoi met-on parfois des virgules autour de la proposition relative ?
Les virgules encadrent souvent une relative explicative, c’est-à-dire une information ajoutée sur un antécédent déjà identifié. Sans virgules, la relative est plutôt déterminative et sert à distinguer précisément l’antécédent.
Peut-on supprimer une proposition relative ?
Parfois oui, parfois non. Si la relative est explicative, on peut souvent la retirer sans détruire le sens principal de la phrase. Si elle est déterminative, la suppression change le sens ou rend la phrase trop vague. Dans Les enfants qui portent un chapeau entrent, la relative est nécessaire pour savoir de quels enfants on parle.