Qui fait quoi ? Ou qui subit l’action ? Distinguer la voix active de la voix passive semble parfois un vrai casse-tête. Vous avez déjà hésité devant une phrase à transformer ou à accorder, cherchant désespérément le bon réflexe… Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul. Même les plus grands conteurs s’y trompent ! Le secret : jouer avec les rôles et manipuler les phrases comme des marionnettes.
Imaginez la langue comme une scène de théâtre. À la voix active, c’est le héros qui agit ; à la voix passive, il devient spectateur de sa propre histoire. Apprendre à passer de l’une à l’autre, c’est gagner en clarté et s’offrir plus de nuances pour raconter (ou comprendre) ce qui se passe vraiment. Prêt à transformer ce terrain glissant en jeu d’enfant ?
Voix active et voix passive : définitions, différences et exemples concrets
À quoi sert la voix active ? Quand utiliser la voix passive ? Le français dispose de ces deux formes pour exprimer une même action, mais avec un point de vue différent. À la voix active, le sujet fait l'action. À la voix passive, c'est le sujet qui la subit.
Regardons la structure de chaque forme :
- Voix active : Sujet + verbe + complément
Exemple : Le chat chasse la souris. - Voix passive : Sujet (subit l'action) + auxiliaire « être » + participe passé + complément (agent)
Exemple : La souris est chassée par le chat.
Au quotidien, on croise les deux formes ! Pour demander qui a écrit une lettre, on peut dire « Paul a écrit la lettre » (actif), ou « La lettre a été écrite par Paul » (passif). Le choix de la voix influence la clarté ou met en valeur soit l’acteur, soit le résultat.
Attention : pour passer à la voix passive, il faut que le verbe ait un complément d’objet direct (COD). Sans COD, impossible de transformer la phrase. Testez : « Le chat miaule » – impossible, pas de COD !
Comment repérer la voix active ou passive dans une phrase ?
Voici une astuce simple : demandez-vous qui fait l’action ? qui la subit ? Si vous voyez un verbe « être » suivi d’un participe passé et un agent introduit généralement par « par », vous êtes devant une voix passive.
Essayez avec cette phrase : « Le gâteau a été mangé par Lucie. » - Qui mange ? Lucie, mais le sujet grammatical est « le gâteau », qui subit l’action. C'est bien la voix passive !
Petit repère visuel : beaucoup de passifs commencent par « a été », « est », « sera », suivi du participe passé.
Exemples simples pour mémoriser la différence
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Voix active : Léo termine ses devoirs.
Voix passive : Les devoirs sont terminés par Léo. -
Voix active : Maîtresse raconte une histoire.
Voix passive : Une histoire est racontée par la maîtresse. - (Chant sympa sur l'air de « Frère Jacques ») : "Le ballon est lancé, par Hugo tout gai !"
Gardez toujours en tête : La voix active montre « qui agit », la voix passive montre « ce qui est fait ». Pour mémoriser la différence, imaginez que vous mimez l’action : qui bouge ? qui reçoit ?
Transformer une phrase de la voix active à la voix passive : méthode pas à pas
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1. Repérez le COD (complément d'objet direct)
Exemple : « Sophie lit le livre. » Le COD est « le livre ». -
2. Placez le COD en sujet
« Le livre… » -
3. Ajoutez l’auxiliaire « être » conjugué au bon temps
« Le livre est… » (présent) ou « Le livre a été… » (passé composé) -
4. Accordez le participe passé avec le nouveau sujet
« Le livre a été lu… » (livre = masculin singulier, donc « lu ») -
5. Ajoutez l’agent, souvent introduit par « par »
« Le livre a été lu par Sophie. »
Petit truc : pour ne rien oublier, visualisez la phrase comme une recette de cuisine : vous changez la place des ingrédients, et vous ajustez la cuisson (l’accord !).
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Exemple étape par étape :
Phrase active : Les enfants attrapent le ballon.
COD : le ballon.
Nouveau sujet : Le ballon.
Auxiliaire : est.
Participe passé : attrapé.
Agent : par les enfants.
Phrase passive : Le ballon est attrapé par les enfants.
Points d’attention et erreurs à éviter
- Erreur fréquente : l’accord du participe passé
Il doit toujours s’accorder avec le nouveau sujet de la phrase passive. Exemple : « Les pommes ont été mangées » (pommes = féminin pluriel). - Piège du COD absent
Sans COD, impossible de transformer la phrase. Vérifiez la présence du complément. - Confusion sur l’auxiliaire
La voix passive exige “être”, jamais “avoir” . - Erreur de temps
L’auxiliaire “être” garde le même temps que le verbe principal à la voix active (présent, passé composé…).
N’oubliez pas : manipulez, testez, chantez si besoin pour ancrer la méthode !
Quand utiliser la voix passive ou la voix active ? Choisir la forme adaptée
Vous hésitez entre actif et passif ? Réfléchissez à l’intention derrière votre phrase ! La voix active met en avant celui qui agit – pratique pour les récits dynamiques (« Le facteur distribue le courrier. »). Le passif, lui, éclaire le résultat ou l’objet (« Le courrier est distribué chaque matin. »).
Utilisez la voix passive pour :
- Insister sur le résultat d’une action : « Le tableau a été restauré » (on s’intéresse au tableau).
- Quand l’auteur de l’action n’est pas connu ou pas important (« Le feu a été éteint rapidement »).
- Varier le style, rendre le texte plus officiel ou impersonnel.
Astuce : En rédaction, demandez-vous toujours : Qui voulez-vous mettre en scène ? Qu’est-ce qui est le plus important dans la phrase ? Ce choix rendra votre texte plus expressif et plus juste.
Vidéo : passer de la théorie à la pratique sur la voix active et passive
Besoin d’un support visuel pour consolider tout ça ? Cette vidéo reprend en détail les étapes pour reconnaître la voix active ou passive, et vous montre la transformation sur des exemples du quotidien. Vous y verrez, en direct, comment le sujet bouge, comment se place le COD, et pourquoi l’auxiliaire « être » devient l’allié incontournable du passif.
Conseil : regardez cette vidéo avant d’attaquer les exercices : la mise en situation aide à lever les derniers blocages, surtout pour mémoriser l’accord du participe passé ou l’identification du sujet.
S’entraîner : exercices courts et défis pour progresser
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1. Transformez ces phrases en voix passive :
- Le jardinier arrose les plantes.
- Emma prépare le repas.
- Les élèves lisent le livre.
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2. Retrouvez la voix active originale :
- La chanson est chantée par Mia.
- Le match a été gagné par l’équipe rouge.
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3. Justifiez votre choix de voix :
- Expliquez pourquoi vous transformeriez « Le gâteau est décoré par les enfants » en actif, ou garderiez le passif dans une consigne d’examen.
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4. Défi du jour :
- Inventez une phrase à la voix active (dans la cuisine, dans la rue, en classe) ! Puis transformez-la, mimez-la, ou faites-la deviner à un ami sans dire de verbe.
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5. Jeu – Les cartes “pièges” :
- Préparez des petites cartes avec des phrases actives ou passives, certaines piégées (absence de COD, accord incorrect…). Demandez à un camarade de repérer l’erreur ou de transformer la phrase. Décryptage des pièges et corrections en équipe : le rire aide à mémoriser !
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6. Fiche de synthèse à imprimer :
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Un résumé visuel (définitions, étapes pour transformer, astuces pour l’accord du participe passé, exemples), à télécharger ci-dessous pour réviser partout.
Pensez à l’afficher dans votre cahier ou sur le frigo pour glisser la voix passive dans le quotidien !
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Un résumé visuel (définitions, étapes pour transformer, astuces pour l’accord du participe passé, exemples), à télécharger ci-dessous pour réviser partout.
Petit rappel : variez les exercices, manipulez, mimez, chantez ou jouez, tout est bon pour fixer la règle sans pression !
Peut-on toujours transformer une phrase à la voix active en voix passive ?
Comment savoir si une phrase passive est correcte au niveau des accords ?
Existe-t-il des verbes qui n’admettent que très rarement la voix passive ?
La voix passive existe-t-elle dans toutes les langues ?
Jouer avec les voix pour progresser chaque jour
Savoir choisir entre la voix active et passive donne du relief à vos phrases : ce n’est pas juste une règle mais un outil puissant pour mieux exprimer vos idées.
L’expérimentation régulière, même imparfaite, est votre meilleure alliée : chaque essai vous rapproche d’une maîtrise durable. Autorisez-vous à tester, rater, corriger – c’est ainsi que l’on avance.
Gardez en tête que les erreurs signalent où s’attarder pour progresser : elles sont précieuses. Les jeux, vidéos ou fiches imprimables sont là pour ancrer ces réflexes dans le plaisir.
N’hésitez jamais à revenir sur un point ou inventer vos propres défis : la grammaire devient alors un véritable terrain d’exploration où chaque transformation est une victoire.