Votre enfant confond le a et le o, hésite entre ce qu’il entend et ce qu’il écrit ? C’est normal. Au début de la lecture, on mélange facilement la lettre que l’on voit et le son que l’on entend.
Si ces bases ne sont pas solides, la lecture devient vite fatigante et les dictées source de doutes. Pourtant, les voyelles [a], [i], [o], [u] et [e] sont la clé : ce sont les premiers phonèmes que l’on prononce, chante, allonge… avant même de savoir lire.
Ici, on commence par écouter et dire. Des mots du quotidien, des gestes, des jeux oraux pour sentir chaque phonème, puis des exercices courts pour passer à l’écrit sans pression. Répéter, se tromper, recommencer : c’est ainsi que la confiance s’installe.
Comprendre ce qu’est un phonème
Avant de lire, avant d’écrire, il y a l’écoute. Un phonème, c’est tout simplement un son que l’on entend quand on parle. Pas une lettre. Un son. Fermez les yeux et dites « aaaa ». Voilà, vous venez de produire un phonème.
La confusion est fréquente entre lettre et son. C’est normal. Les lettres s’écrivent, les phonèmes s’entendent. On peut entendre le même son dans des mots différents, même si on ne l’écrit pas toujours de la même façon.
- Phonème = ce que l’oreille entend.
- Lettre = ce que l’œil voit.
- Graphème = la ou les lettres qui écrivent un son.
Son et phonème : une distinction simple
Imaginez une clochette. Elle peut être petite ou grande, rouge ou bleue. Mais quand elle sonne, le son reste reconnaissable. Pour les voyelles, c’est pareil.
Exemples très parlants pour les enfants :
- [a] dans chat → on entend « a » même si on ne voit qu’une lettre.
- [i] dans lit → le son est court et fin.
- [o] dans bol → la bouche s’arrondit.
- [u] dans lune → les lèvres se serrent.
- [e] dans bébé → le son est clair et souriant.
Astuce-mémo : « Le son, je l’entends. La lettre, je la vois. » Faites-le répéter à voix haute. Ça ancre.
Écouter et prononcer les phonèmes [a], [i], [o], [u] et [e]
Avant le crayon, la bouche. Avant l’écriture, le jeu oral. Installez-vous face à l’enfant et exagérez les mouvements. Oui, même un peu trop. Ça aide.
Procédez pas à pas :
- Dites le son seul, lentement : « aaaa », « iii », « ooo »…
- Observez la bouche : ouverte, étirée, arrondie, serrée.
- Ajoutez un geste : bras ouverts pour [a], doigt pointé pour [i].
- Glissez le son dans un mot du quotidien : maman, lit, bol.
Insistez sur la durée du son. Les voyelles s’étirent. On peut les chanter. Les enfants adorent.
S’entraîner avec une vidéo explicative
Avant la vidéo, donnez une mission simple : « Écoute bien chaque son et regarde la bouche. » Pas plus.
Après le visionnage, revenez à l’oral. Demandez : « Quel son était le plus facile ? Lequel chatouillait la bouche ? » On relie ainsi l’écoute à la lecture syllabique, sans pression.
Associer chaque phonème à son écriture
Maintenant seulement, on passe à l’écrit. Toujours dans le même ordre : j’entends → je reconnais → j’écris. Les graphies présentées ici sont les plus fréquentes au CP.
| Phonème | Graphie simple | Mot référent |
|---|---|---|
| [a] | a | chat |
| [i] | i | lit |
| [o] | o | bol |
| [u] | u | lune |
| [e] | é / e | bébé |
Rappelez-le souvent : on part toujours du son entendu. C’est cette logique qui évitera plus tard bien des confusions, notamment avec les homophones.
Exercice guidé : relier le son au mot
Consigne : écoutez le mot prononcé. Dites le son voyelle que vous entendez. Puis reliez-le au bon mot écrit.
- Mot entendu : « sac » → Quel son ? [a]. On relie à sac.
- Mot entendu : « fil » → Son [i]. On vérifie avec la lettre.
Démarche verbalisée : « J’écoute le mot en entier. J’isole la voyelle. Je cherche la lettre qui écrit ce son. » Prenez le temps de le dire à voix haute.
S’entraîner seul : exercices de reconnaissance
Place à l’autonomie, mais sur des formats très courts. Mieux vaut trois minutes bien ciblées que vingt minutes d’épuisement.
- Entourer la lettre qui fait le son [a] dans papa, salade.
- Colorier en rouge les mots avec [i], en bleu ceux avec [o].
- Compléter : p__pa, l__t, b__l (on dicte le mot).
Pour varier, piochez des idées de jeux autour des sons, comme dans cette activité avec le lapin et le renard, qui fait travailler l’écoute fine sans en avoir l’air.
Auto-correction et verbalisation
Avant de corriger, posez une question clé : « Comment as-tu su ? » Même une réponse maladroite est précieuse.
Invitez l’enfant à redire le mot, à réécouter dans sa tête. Cette verbalisation développe la conscience phonologique et rend l’apprentissage plus solide.
Petit défi final : reconnaître les phonèmes dans une phrase
Voici la phrase-défi : « Lila a un vélo. »
Consigne : écoutez ou lisez la phrase. Comptez combien de fois vous entendez les sons [a], [i], [o], [u], [e].
- [a] : 1 fois
- [i] : 1 fois
- [o] : 1 fois
- [u] : 1 fois
- [e] : 1 fois
Ce qui compte ici, ce n’est pas la vitesse. C’est la stratégie d’écoute. On savoure les sons. Un par un.